Par Rubén Cedeño

Tucumán (Argentine)10.avril 2010

Hier soir, dans la ville de Tucumán en Argentine, après la conférence de Métaphysique que nous avons donnée devant une assistance de 700 personnes, nous sommes allés manger dans un charmant restaurant avec une petite dizaine d’entre elles. Parmi mes commensaux, à côté de moi, en diagonale et vis-à-vis de moi, j’avais trois maîtres de Métaphysique, qui étaient pour moi des plus insignes : un fameux travesti, une femme venue d’un bordel et un ex-drogué.

LE TRAVESTI

Le Travesti m’a raconté comment elle faisait son travail avec d’autres compagnons travestis dans un fameux parc de la ville. Pendant qu’ils faisaient une fellation à leurs clients, ils fouillaient les poches de leurs pantalons, dérobaient leur porte-feuille et partaient en courant se cacher dans un trou en forme de canalisation à ciel ouvert. Lieu que j’ai personnellement été découvrir. Il me raconta comment, après avoir commencé ses études de Métaphysique et compris la Loi du karma, lui et ses compagnons avaient cessé ces pratiques. Il m’expliqua comment autrefois ils évitaient de sortir de jour et comment ils ne participaient pas à la vie publique de la ville et comment, avec les métaphysiciens, ils s’étaient intégrés à la société. Actuellement, ce « Travesti » est immensément respecté dans son milieu, et comment des personnes de toute orientation sexuelle assistent aux conférences nourrissantes qu’il donne dans la ville. La force et la conviction de ce Travesti l’ont amenée à réaliser des services dans nos Congrès internationaux les plus courus.

LA FEMME

La “Femme” m’a dit comment elle avait divisé son bordel dans une rue où il avait plus de trois et comment elle avait consacré une des habitations de l’endroit à des classes de Métaphysique. Cet endroit, je le visitai le jour suivant et j’échangeai avec enchantement avec tous ceux qui étaient là. Je vis sur la porte du bordel l’affiche d’invitation à la conférence qu’elle donnait. Jamais auparavant je n’avais éprouvé une telle émotion, en voyant une affiche dans un lieu aussi digne. L’image de la Présence « Je Suis » et de l’Archange Michel décoraient l’intérieur du lieu. Elle me raconta comment les prostituées volaient astucieusement leurs clients quand ils étaient dans l’intimité, comment ceux-ci, à grands cris, semaient la pagaille en les accusant de vol, et comment elle devait courir à toutes jambes après les travailleuses sexuelles dans la rue pour les retenir. Elle me raconta comment elles lui offraient la moitié de l’argent du vol, et comment elle leur donnait l’explication du « Principe de Cause et Effet » et de la « Conscience de la Prospérité », en leur disant ; « Ce n’est pas en volant que tu auras plus d’argent ». La réputation des classes dans cet endroit s’est répandue dans tout le quartier et un nombre toujours croissant de travailleuses sexuelles viennent recevoir la connaissance de la Loi Divine. Les mots me manquent pour décrire la pureté, l’innocence et la beauté irradiées par cette « Femme », qui firent qu’elle gagna notre admiration et notre plus chaleureuse affection.

L’EX-DROGUÉ

L’ex-drogué expliqua comment, après avoir plongé dans la pire consommation de toutes les drogues possibles et imaginables, la Métaphysique et les « Narcotiques Anonymes » l’avaient tiré d’un si aberrant abîme, et comment le premier jour où il reçut la première accolade et le premier baiser purs et sincères dans ces endroits, il commença sa réhabilitation. Actuellement, il dirige des groupes de récupération chez les « Narcotiques Anonymes » avec un grand succès. La beauté et la pureté de ce jeune homme, l’éclat de ses yeux quand il parlait, étaient d’une force incroyable, qui réduisit toute la table au silence. Je lui expliquai que la création des « Narcotiques Anonymes » avait été inspirée par les enseignements d’Emmet Fox, notre cher grand-père Métaphysicien.

UNE SOIRÉE GRANDIOSE

Hier soir, ce fut une grande soirée. Là, les mots des écrits métaphysiques, les citations parfois absurdes et immodérées de phrases de maîtres étaient de trop, les théorèmes ésotériques demeuraient sans valeur. On voyait comment les accusations, les critiques et les calomnies portées par certaines personnes contre notre travail s’évanouissaient comme fumée dans le ciel. Je me rendis compte, une fois de plus, que c’était cela, le dessein auquel j’avais consacré ma vie en donnant des conférences de Métaphysique à travers le monde. A maintes reprises, j’avais rencontré des cas comme ceux-ci, mais celui de ce soir fut trop évident, du fait qu’il y en avait trois d’un coup. Là, dans ces trois personnes, se trouvait résumée la raison d’être de ma vie. Je me souvins des conférences que je donne à « Gallicantus » à Jérusalem, où se trouvait le palais de Caïphe et où Jésus passa la nuit prisonnier avant sa crucifixion. Là, on a construit une église que j’ai appelée celle des « Trois Condamnés », parce qu’elle était consacrée à « Jésus Captif », « Marie-Madeleine » et « Dimas, le bon Larron ». Là, je dis toujours : C’est mon église, même si cela heurte la sensibilité de ceux qui me lisent ou m’écoutent. Quand je vois l’histoire de mes trois commensaux d’hier soir et celle des trois condamnés de l’église de Jérusalem, peu importe qu’on nous accuse du pire, qu’on nous calomnie, qu’on se moque de nous, si nous sommes enveloppés de la félicité et de la plénitude sans pareilles de la conscience de Dieu, plus rien d’autre n’a d’importance. Même si on continue à nous attaquer, la grâce de Dieu, dans la vie de mes trois commensaux et des milliers d’êtres qui bénéficient de nos conférences, annihile tout le reste

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